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Knighthood of the Order of Arts and Letters
- (16/06/09)
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Christine Albanel
Speech (French
Culture
Minister)
Chère Corice Canton
Arman,
Je suis heureuse de vous accueillir
aujourd’hui pour honorer une vie entièrement dédiée à
l’art.
A votre art, tout d’abord. Fascinée très tôt
par les matières et les formes, vous avez créé à vos débuts des œuvres
d’une grande originalité, autour de la mode, du textile sous toutes ses
formes, qui ont été exposées à la Galerie Ferrero à Nice, puis à la
FIAC, en 1977. C’est à cette occasion que Jacques Kaplan saluera « une
artiste systématique qui a décidé de montrer la grammaire de la
construction vestimentaire. ».
A cette date,
Bernard Venet, qui était l’assistant d’Arman à New-York, vous avait
déjà présenté celui qui allait devenir votre époux. Et vous avez alors
décidé, plutôt que de continuer à évoluer dans un univers artistique
séparé, d’unir toute votre énergie à la sienne pour, dites-vous, «
féconder ensemble les œuvres à venir ».
Vous vous
êtes investie avec énergie, passion, dévotion, dans la promotion de
l’œuvre de votre mari, à la fois communicante, organisatrice,
médiatrice entre les institutions, les collectionneurs, les marchands
d’art.
Vous avez été sur tous les fronts, gérant
notamment les commandes publiques venues du monde entier, de la ville
de Deaborne, dans le Michigan à, encore tout récemment, la
ville de Kaohsiung, à Taiwan. Sans oublier, bien sûr, la monumentale
accumulation de drapeaux en marbre et bronze commandée par ce ministère
pour le bicentenaire de la Révolution française et qui trône
aujourd’hui dans le vestibule d’honneur de l’Elysée.
Vous assistiez Arman dans l’organisation des
happening, des expositions et des rétrospectives, de 1974 à la «
Biennale sauvage » de Venise, à Madrid, Monaco et Nice en 2004, en
passant par l’exposition des « Objets armés » en 1975 au Musée d’art
moderne de la ville de Paris. Vous avez géré la « Parade des
objets », qui s’est promenée dans les années 1980 de Hanovre à Tel
Aviv, Tubingen, Antibes et Dunkerque. Vous avez suivi le
projet, avec l’Etat du Texas, de la sculpture Cavalcade, cheval de
bronze de près de trois mètres, inauguré en 1987 à la Phoenix Tower de
Houston. Vous avez constitué un groupe international d’une
centaine de personnalités – critiques, collectionneurs, galeristes –
autour de l’œuvre « Hope for peace » inaugurée en 1995 à
Beyrouth. Et tant d’autres événements qui ont pu avoir lieu
grâce à votre soutien et à votre force de
conviction.
A votre très grande ouverture d’esprit
aussi, au monde et aux autres. Curieuse de tout et de tous, vous avez
toujours aimé aller au-devant des autres, découvrir, rencontrer,
révéler. Dans votre maison, à Saint-Paul de Vence, Arman et vous
n’aviez, dites-vous, jamais moins de 15 invités à table pour le
déjeuner. Réunissant des personnalités aussi différentes que les
fidèles César et Ben, Philippe et Denise Durand-Ruel, mais aussi Pierre
Salinger, le grand écrivain américain James Baldwin, Bill Wyman ou
encore Serge Reggiani !
Sans oublier bien sûr
Robert Filliou, qui fut témoin lors de votre mariage. Nous connaissons
tous sa célèbre phrase : « L’art est ce qui rend la vie plus
intéressante que l’art ». Vous lui avez donné raison, en trouvant dans
votre passion commune d’innombrables occasions de rencontres, de
découvertes, de mains tendues.
Vous avez ainsi été à
l’origine de nombreuses vocations – je ne parle pas seulement des dons
de vos deux enfants, Philippe-Alexandre pour le design et la mode, et
Yasmine pour la photographie. Je sais que Guy Pieters, par
exemple, ne manque jamais une occasion de rappeler que c’est Arman qui
lui a donné à la fois l’envie et la chance de devenir galeriste.
Vous vous souvenez aussi avec émotion de ce jour où Arman
entendit, dans l’émission La Radioscopie de Jacques Chancel, un jeune
homme parler de sa passion pour le métier, retrouva sa trace et le
présenta ensuite à toutes ses connaissances, à Paris et à New-York
! Et vous n’avez jamais cessé vous-même d’accueillir, à
New-York, des artistes émergents, de France et d’Europe, pour les aider
à se faire connaître de l’autre côté de
l’Atlantique.
Votre grande générosité vous a menée,
naturellement, à répondre aux sollicitations d’associations
humanitaires et caritatives. En 1970, vous aidez Arman à
organiser le happening au profit du fond pour la défense des Black
Panthers. Et c’est vous, encore, quelques années plus tard,
qui lui proposez de réaliser une affiche pour Amnesty
International. Puis d’accueillir, dans les années 1980, dans
vos ateliers, des élèves des quartiers défavorisés, pour les initier à
l’art.
C’est vous, enfin, qui choisissez de
soutenir, par votre nom, votre talent et votre énergie, les programmes
à but non lucratif du Studio Arts Centers International basé à
Florence, autour duquel vous avez mobilisé de nombreux artistes de
renom.
La lutte contre les discriminations, toutes
les discriminations, est pour vous un combat de tous les
instants.
Vous rejoignez en cela la pensée de l’un
des grands Maîtres auquel Arman rendît hommage dans son œuvre Vincent
Van Gogh, qui disait : « Il n’y a rien de plus réellement artistique
que d’aimer les gens. »
Les aimer, c’est aussi faire
perdurer leur mémoire. C’est ce à quoi vous vous attachez depuis la
disparition de votre époux, en 2005. Cette année-là, vous
avez organisé un hommage au Metropolitan Museum de New York, puis
ici-même, dans les jardins du Palais-Royal. Et vous êtes
devenue depuis une fière ambassadrice de cet immense artiste,
partageant votre temps entre les Etats-Unis et la France, où vous avez
fondé une association d’amis, qui s’attache à l’authentification et à
la promotion de son œuvre. Vous travaillez à l’élaboration
d’un catalogue raisonné, en collaboration avec Denise
Durand-Ruel. Vous rassemblez également des témoignages audios
de personnalités qui ont été proches d’Arman, pour constituer une
banque d’archives sonores, qui sera particulièrement utile aux
chercheurs et à tous les amoureux de son œuvre. Et je crois
que grâce à vous, notamment, le Centre Pompidou lui consacrera l’année
prochaine une grande exposition. Elle fera date, j’en suis
certaine.
Corice Canton Arman, nous connaissons tous
l’expression « derrière chaque grand homme, il y a une femme ». Je
dirais plutôt « auprès de chaque grand homme, il y a une femme ». Et
vous en êtes la preuve. Corice Canton Arman, au nom de la
République française, nous vous faisons Chevalier dans l’Ordre des Arts
et des
Lettres.
Discours de Corice Canton
Arman
Thank you, Madame
La Ministre, for your kind words.
Distinguished guests, friends and
family, I am happy and honored to receive the
Knighthood of the Order of Arts and Letters in a place which symbolizes
the exceptional contribution of France to international culture.
Madame la Ministre, please express my
profound gratitude to all those who contributed to making this a most
memorable day .I arrived
here in May, 1968 to pursue my own artistic goals.
Instead, I fell in with a diverse group of artists,
which included Cesar, Ben, Jean
Tinguely, Nikki de St-Phalle and an
impassioned young man with an insatiable curiosity for all
things human—ARMAN. I devoted myself to
this remarkable man and to his career and
was privileged to share with him a life more enriching than I could
ever have imagined.
I was born in the Virgin Islands and
raised in New York, but I like to say that I was home-schooled in
France by Arman. He was not only my husband. He was my guide,
my teacher, My Pygmalion. Throughout our forty years together,
Arman awakened in me - his Galatea - a thirst for
learning. In turn, I was proud to bring to his
attention a number of promising artists, such as Jean-Michel
Basquiat and Andres Serrano. And through our African art
collecting, we were proud to promote the ideal of cultural
democracy. Arman was my strength, and my oxygen. I
was his support and most dedicated champion.
Our proudest
collaboration has been our children, Yasmine and
Philippe-Alexandre. Since his passing, their
unfailing support has been a constant source of comfort.
My shared ideals with Arman now fuel a
number of projects which I have initiated to honor his memory
:- The “Friends of Arman”, an association
to promote his work through programs, exhibitions,
publications, restoration and authentication.
- “Arman’s Road”, establishing projects
which trace his path from his native Nice to his adoptive New
York.- A University grant in his
name.- Continued collaborations on his
catalogs raisonnees, as well as an oral history for global cultural
institutions. - The Official Arman web site, now
on-line.This
honor fills my heart with great pride and joy and encourages me to
continue the legacy he left in my care--not only in this country we so
cherished together but also as a beacon of hope to the rest of the
world. Again, I thank you with all my heart,
Madame la Ministre, family and friends for sharing this precious moment
with me. The letter that
Arman wrote to ask the Corice
décoration

        Dominique
Lunel Corice Arman and Paul
Rechter    Corice Arman and
Patrick Pacheco Corice Arman and
Jean Pierre
Mirouze Corice Arman and Dominique
Bidermann |
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